De 1990 à 2026
Avant d’être un festival, Patrimonio était un village où l’on jouait de la guitare au café. Le reste en découle.
Un demi-siècle avant la création du festival, deux frères, Gilbert et René Dominici, jouaient de la guitare à Patrimonio. Autodidactes, amateurs au sens le plus noble, ils avaient un talent qui dépassait largement les limites de la commune.
Autour d’eux, le village est devenu une véritable pépinière de guitaristes. Des musiciens de passage venaient jouer au café, certains sont devenus professionnels. En 1965, Claude Ciari y fait une rencontre décisive : il songeait à arrêter la guitare, et raconte que les guitaristes de Patrimonio lui ont redonné la joie de jouer.
Le seul moment où je ne suis pas heureux à Patrimonio, c’est quand il faut repartir.
Marcel Dadi, disparu en 1996Les frères Dominici font de Patrimonio un lieu où l’on joue. Des musiciens s’arrêtent, jouent, reviennent. Rien n’est organisé, tout existe déjà.
Guy Maestracci, maire de Patrimonio et guitariste amateur, et Jean-Bernard Gilormini, passionné de guitare, créent le festival. Trois soirées, avec Roland Dyens, Babik Reinhardt et Raphaël Faÿs aux côtés de musiciens corses.
Le bouche-à-oreille fait son œuvre. Les estivants commencent à organiser leurs vacances autour du programme.
Le guitariste, fidèle du festival, disparaît tragiquement. Sa phrase sur Patrimonio est restée.
Al Di Meola, John McLaughlin, Gilberto Gil, Vicente Amigo, Tomatito, John Scofield et Jim Hall : le festival accueille les plus grands noms de la guitare mondiale.
La pandémie interrompt une série ininterrompue de trente ans. C’est la raison pour laquelle 2026 est la 35e édition, et non la 37e.
Des aménagements municipaux ont permis d’installer plusieurs centaines de fauteuils supplémentaires. Le festival est passé de trois à huit soirées, sans rien perdre de sa simplicité.
Malgré la croissance, l’esprit reste celui des débuts : simplicité et convivialité.
Les musiciens nouent des amitiés durables avec l’équipe d’organisation. Ils jouent souvent plus longtemps que prévu, reviennent d’une année sur l’autre, et donnent ici des concerts qu’ils ne donnent pas ailleurs.